Jeudi 20 Novembre 2008
Recherche


Suzanne BAURUEL, plasticienne



Tél : 06.66.47.09.02.

Exposition à la Maison de Loire en Anjou à St Mathurin sur Loire
Ce projet s’inscrit dans une logique d’archéologie fictive, au carrefour de toutes les influences, culturelles, historiques, préhistoriques.
J’élabore des tableaux de cailloux ramassés sur les bords de Loire. Ces cailloux agencés en fonction de leur morphologie, dans un processus jubilatoire et combinatoire, renvoient au récit, à la mémoire, à l’écriture comme symbole de civilisation.
Une manière d’interroger, de questionner la culture à travers ces dépots de nature.
Suzanne Bauruel.

Gombrovitch « Dans ce fouillis, au milieu des mauvaises herbes, des menus déchets, une profusion écrasante de relations, de liens… combien de phrases peut-on créer avec les vingt six lettres de l’alphabet… combien de significations pouvait-on tirer de ces centaines d’herbes, de mottes, et je me redressai pour regarder ces mastodontes de l’univers, des objets qui reconstituaient un ordre, et je me reposai… »

Exposition à la Tour St Aubin à Angers
«Toute origine est recommencement ;
Et chaque lieu, sa fuite» Alain Bosquet.

L’universel a son lieu, l’ici est aussi un espace de l’errance, un point du monde, un retour.
Depuis 1997, ma recherche s’inspire du dernier grand fleuve sauvage d’Europe ; la Loire où je confronte l’histoire individuelle et collective avec la mythologie de la nature.

Trois thèmes m’animent, tout d’abord celui de l’eau du fleuve au paysage horizontal infini, mémoire vivante avec ses traces et ses métamorphoses.

Le deuxième s’attache aux bords de Loire avec ses pierres, ses racines, ses arbres, la terre vue comme un socle au sous-sol porteur de tous les souvenirs, de toutes les absences. Sol incomparable qui se révèle, aujourd’hui fragilisé, sa diversité menacée, où chaque objet enfoui est le révélateur d’une histoire généalogique au passé archéologique.
le troisième thème de ce triptyque est celui de l’arbre qui rassemble tous les imaginaires collectifs.
Pour exister, il faut partir de quelque part, être l’arpenteur de nos origines. Questionner notre héritage culturel et son rapport avec la nature. Ainsi, cet espace naturel devient-il le lieu d’une expérience fondamentale : à partir de ce qui reste - ce qui a été- ce qui apparaît et fait signe.

«Toute origine est déchirure ;
Et chaque lieu, métamorphose» Alain Bosquet.

Et c’est sur ces lieux élémentaires des bords de Loire que je tisse mon interrogation, au plus près de mes visions, où l’arbre, la pierre et l’eau deviennent des idéogrammes dorés à la présence parfaite, sans cesse ressentie, toujours perdus et recrée.
passage de forme en forme dans ces lieux réduits aux dimensions symboliques infinies, jamais symétriques, soumis aux distorsions de la nature dans ces repères de lignes et de masses qui s’inscrivent ici et là, réunissant dans ces irrégularités l’essence de tous les règnes, du végétal au minéral, de l’animal à l’humain.
Je photographie, retravaille et multiplie des images aux caractères hiéroglyphiques, pareil aux cailloux de la Loire, qui, ramassés et classés deviennent les dépositaires d’une mémoire «paléographique» aux références multiples qui repoussent les limites de la représentation.
et partout sur les berges, elles-mêmes révélatrices du symbole de l’enceinte du mur et de la frontière. Surgissent du sol, des arbres emblématiques, comme des pierres dressées aux structures primitives guidées par la pulsion de la sève et du temps.
Ici, j’enregistre sur ces arbres totem une empreinte qui met en oeuvre comme pour la photo, ce retournement, détournement, du négatif et du positif. Gestes d’arrachement ou ces «restes» d’arbres à la nudité minérale deviennent de fragiles membranes qui révèlent à travers la profondeur de leurs surfaces à l’organicité figée, l’épiderme d’une unité en devenir.
Suzanne Bauruel.

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