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Parc du Mont Rude - Patrice LEBRETONSaint Saturnin sur Loire
L’art du végétal
1935 - André a 8 ans. Il joue avec sa sœur et ses deux frères. Comme chaque été il est en garde chez sa grand-mère qui habite St Saturnin sur Loire dans une petite maison en contre bas de l’église. Sa tante Amélie et son oncle Joseph sont métayers de Mademoiselle Morin au château du Mont Rude. Le parc est vaste, il n’est pas tel que vous le voyez aujourd’hui. Des bâtiments, des arbres, des bosquets touffus ont disparu. C’est le terrain de jeu favori de ces enfants. Leurs imaginaires les transportent dans mille aventures. André, aujourd’hui âgé de 82 ans, se souvient de ces étés magiques où souvent il observait l’horizon en haut de la grande tour. Je suis son fils et revenu le temps de cet été dans cet espace « lieu » je me glisse également dans l’espace «temps». Enfant, j’ai pareillement tant aimé grimper aux arbres, construire des cabanes, tailler des morceaux d’écorce, « bricoler » avec la nature, gaberner sur les plages. Ma vie professionnelle d’artiste m’entraine sur des chemins dont la courbe comme une boucle tend à se refermer. Mon art ici est celui d’un homme à l’esprit d’enfant. En puisant dans mes propres souvenirs et dans la nature féconde, j’y trouve une énergie pour bâtir, ordonner, suspendre des structures qui habillent certains des arbres du parc. Ces derniers sont des témoins qui ont traversé notre famille. Une nouvelle communion s’établit. Comme un jeu d’enfant où l’on se déguise, j’habille ces fûts, ces souches ou ces bosquets. Le bois habille le bois, les branches y forment des volumes, des rythmes, le soleil s’y amuse, y fait son cinéma d’ombres et de lumière. J’ai débuté mes activités d’ART NATURE dans les années 90 en parallèle avec mon activité de céramiste. J’installe mes travaux dans des environnements aussi variés que ceux de la mer, la montagne, la rivière, les forêts, les mares….. Le land art est pour moi un moment intense d'activité et de plaisir; œuvrer en cherchant un équilibre, en collectant, ajustant, ordonnant ce que m’offrent un lieu et ses matériaux. C'est une expression libre où chacun peut trouver sa place avec humilité. Sortant de mon atelier de céramiste, je flirte avec dame nature pour développer une passion très intérieure. Art de l’éphémère offert aux tourmentes des vents, de la mer ou du temps, offert aux yeux des passants. Je souhaite que cet art invite au respect de la nature qui l’accueille mais aussi à son propre respect par celui qui passe. Prendre pour le visiteur conscience de l’engagement que cet art représente parfois au cœur de ses fragilités et de sa longévité. Dans la même rubrique :
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