L’envol des cages
Mon projet s’inspire de la toponymie du lieu, il se nourrit de l’histoire liée aux deux édifices remarquables, la Maison Canoniale et la Fauconnerie. Ici, nous sommes sur une place de village bordée de maisons dont l’une donne son nom au site. Cette demeure du XVe et XVIe siècle qui domine l’endroit nous rappelle qu’il y a encore peu de temps - au Moyen-âge surtout - l’endroit était propice à la chasse au faucon. Non loin de là, une autre maison, la Canoniale conserve une histoire singulière, à en croire l’inscription qui était inscrite sur sa façade : maison volée.
Loin de vouloir entrer dans les méandres d’un passé assurément très riche, je préfère mettre en relation ces quelques éléments significatifs au regard de ma propre démarche artistique. Ainsi, la maison surtout volée, le faucon avant tout un oiseau, constituent le fondement du projet dans lequel la ligne végétale va se trouver emmêlée.
La représentation libre - telle une image - d’une cage à oiseaux, suspendue en haut d’un mât flexible - mais pas trop - me sert à convoquer le passé comme le présent, l’ici et l’ailleurs. Plus généralement, elle me permet d’interroger notre rapport au temps, aux activités humaines, aux constructions, au transitoire de notre vie si fragile. Et ce n’est pas sans malice, sans une certaine dose d’humour, que l’idée de la cage aux oiseaux entre en résonnance avec mon patronyme !
De dimensions modestes, de la taille ordinaire d’une cage à oiseaux, la cage est construite à l’aide de petites branches de bois, comme un écho aux éléments végétaux nécessaires à la confection de nids. Sorte de « cabane-cage », les branches sont écorcées, recouvertes de plâtre vernis. Une large ouverture bien visible est ménagée, une porte - ouverte bien sûr - peut y être ajoutée. L’éventuel occupant est parti, libre, il n’est plus là qu’il soit faucon ou non. Plusieurs « cabanes-cages » sont sur ce modèle construites avec les variations qui s’imposent. Fixées en haut de mâts métalliques de type fer à béton, à une hauteur inaccessible, plus proche du ciel que de la terre - c’est une image -, elles sont regroupées comme une bande d’oiseaux. Et pour peu qu’on laisse vagabonder son imagination on pourrait bien les voir s’envoler !