Dimanche 5 Février 2012
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Jack DUFOUR, peinture et installation



Tél : 06.83.37.83.09.

Cet été avec... Jack Doufour :
Suivez la flèche, vers les toiles...

Il fallait bien y arriver un jour. L’indication d’une direction, tôt recherchée, vite indiquée, peinte, sculptée, puis lithographiée. d’étoiles en toiles, de chevaux en mégalithes, de mégalithes en mégatoiles, toujours à dominante bleue et noire, rouge sombre et reliefs puissants, l’oeuvre de Jack Dufour nous ouvre un itinéraire bis dans le cheminement esthétique propre à chacun d’entre nous. Il déjoue la «morte enfantine profonde» dont parlait Yves Bonnefoy et nous aide à réveiller joie et curiosité.

Cette fois, Jack est allé chercher encore plus loin qu’auparavant dans la magie des formes, le maëlstrom des figures hybrides, le choc des influences, pour nous écrire des styles ou des péristyles.

Rien qui ne soit préalablement mûri, patience et longueur de temps, rien qui ne vous soit en tout et partout destiné, flèches filant vers leurs cibles intérieures, motifs habités par autant de desseins secrets, quoique de moins en moins abstraits, de plus en plus inscrits dans le mouvement le plus profond, le plus aérien aussi. Mais un de ceux qui vous arrachent précisément à cette partie de votre nuit qui vous opacifie le coeur et qui freine votre libération, tant que vous ne vous laissez pas emporter par ces tsunamis de la conscience que seuls d’authentiques artistes comme lui savent déclencher.

Après des années lumière d’attente des effets d’autant de contrastes simultanés des couleurs et des formes les plus archétypales, Jack Dufour est parvenu là où, Antonin Artaud dixit, est heureux celui qui ne sent pas tout à coup un point à côté du coeur. Un point mort. Un point perdu. Ou encore là où, Rezvani dixit, les années Lula ne l’avaient jamais déporté, conduit, transporté à force de tendresse et d’amour fou et de beauté maîtrisée, intériorisée, toile après toile, ellipse sinusoïdale après sinusoïdale ellipse, sa maison d’attache de plus en plus ancrée dans cette quête du temps «rendu sensible au coeur» - merci Proust - par sa pratique artistique hors norme.

Juste ceci, avant de vous laisser dériver dans cette nouvelle exposition d’été abritée par l’un des plus hauts lieux de l’Anjou bâti lors des croisades, ce Prieuré de saint rémy dont l’histoire est scellée dans celle des premiers élans sacrés du grand ouest, sur les routes des Maur, Martin, Aubin, ou Patrick juste avant eux, artistes de la foi comme Jack peut être propagateur d’une vraie foi dans l’art, des arts premiers aux arts derniers, ceux qui conduisent vers la possession de soi-même bien mieux que tous les biens de consommation : la seule prétention de ces merveilles est celle qui demeure inscrite dans le projet le plus intime de tous les grands artistes. Vous réinstaller en douceur dans votre for intérieur, corps et âme, un pour tous et toutes et tous pour lui, avec lui, grâce à lui. Mais en vous !
Christophe Journet.

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