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Grégory MARKOVIC, fusain
Tél : 06.75.75.02.27
Espaces désertés, étonnantes percées lumineuses ou petits objets d’un quotidien délaissé... les desseins, peintures et gravures de Grégory Markovic désignent un monde irrémédiablement vide - ou vidé ? - de toute présence humaine. Ils déconcertent aussi, charmant le regard pour mieux le destabiliser. Apprivoisant l’oeil, ils l’invitent à s’installer dans un agréable sentiment d’évidence, puis le renvoient sans ménagement à ses doutes et incertitudes. Application et engagement physique : on ressent toute l’intensité avec laquelle le corps et l’esprit sont impliqués dans le processus d’élaboration par épuisement du papier à force de coups de crayon, craie ou fusain. Force de présence : le temps (la lenteur) de travail appelle celui de la contemplation. Le regard doit s’attarder. L’espace représenté invite le «regardeur» au déplacement : le corps doit évoluer autour des images au gré des éclairages et des vibrations de couleur et de matière qu’ils impliquent. Sobriété de la «mise en scène» : les objets présents dans l’image et les lieux de transition représentés (couloirs, portes ou escaliers, terriblement anonymes) ne sont pas des sujets. Ils ne font que supporter une préoccupation plastique invariable : la lumière. D’évanescents espaces de clarté glissent à la rencontre de larges surfaces d’un noir opaque et velouté. A cet instant - ou à cet endroit ? - précis, s’installe un plaisant malaise... D’où regarder ? Que regarder ? Est-ce la lumière qui s’impose à l’ombre ou à l’obscurité qui permet la lueur ? Et l’objet plongé dans la pénombre : se dévoile t’il ou se dissimule t’il à la vue ? D’où une étrange errance visuelle et mentale : l’image semble indiquer que le point de vue se situe à l’intérieur (d’une pièce, d’un lieu quelconque). L’oeil pressent pourtant qu’il n’est pas à sa place : une énigmatique pulsion d’échappement lui souffle alors l’idée de se transporter à l’extérieur, au dehors... Par-delà les barreaux ou de l’autre côté de la vitre : comment est-on amené à regarder plus loin que l’on ne voit ? Gisèle Bonin. Dans la même rubrique :
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