Lundi 6 Septembre 2010
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Golf d'Angers Moulin du Pistrait - Marie-France HURBAULT


Saint Jean des Mauvrets


Marie-France Hurbault transgresse les limites, ne tient compte d’aucune frontière. C’est ce qui lui permet toute liberté dans sa création. Son attachement à son environnement d’origine en est certainement la raison. Ainsi revient sans cesse dans son œuvre la fragilité des paysages et du monde végétal qu’ils soient façonnés, gérés par l’Homme, ou simplement d’héritage séculaire. Il existe toujours une faille qu’elle exploite.

Marie-France mène un combat perpétuel et quotidien. Elle nous sensibilise sur la dislocation des paysages et le déséquilibre des milieux naturels.
C’est aussi en naturaliste qu’elle approche son concept, par la constitution d’un cabinet de curiosité qui petit à petit se crée par son travail d’inventaire, de collections et de glanage.
La traduction proposée ramène la faute à l’Homme, non pas au pêché originel, mais à son récent plaisir de perturber les écosystèmes.

Tant d’irrespect à la nature ne pouvait que la bouleverser.
Le militantisme de son œuvre peut paraître excessif et violent. Rien n’est gratuit dans cette expression. Marie-France ne laisse rien passer. Tous nos petits arrangements quotidiens avec la nature sont mis en avant et deviennent gênants. L’on ne veut pas comprendre.
Et pourtant l’œuvre est là. Ces petits désordres ne peuvent nous échapper.
La mémoire collective et individuelle est atteinte.

La sensibilité des mises en scène que Marie-France s’applique à réaliser dans ses installations et expositions est aussi l’œuvre d’une femme. La sensualité des traits et couleurs est là pour le rappeler.
La trace laissée sur le support est toute en rondeur. C’est un geste répétitif qu’elle produit et le rythme est tendu.
La couleur est surprenante, inhabituelle au sujet traité. Le rouge, le rose et le vert sont tellement présents, que l’œil les rejette avant de les apprivoiser et de les adopter. La base en est pourtant naturelle ! Mélange de chaux, de cendres, de pigments, de cire...
Cette couleur accompagne le trait. Elle devient au fur et à mesure l’élément fort de ses créations. C’est l’écorchure, ce coup de griffe au paysage, par où la plaie s’ouvrira. Viennent ensuite quelques gouttes mais rapidement l’afflux augmente.
Le geste revient pour effacer, pour panser et pour adoucir. Mais la cicatrice restera à jamais marquée dans les paysages de Marie-France. (Pascal THEVARD).



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