SAISON 2004

En 2004, la Galerie de l'Aubance a accueilli : Festival du Scoop d'Angers, Philippe KERARVRAN, Julien PERRIER et Jean-Louis COGNEE, Sandrine JOUSSEAUME et Jean-François PASQUIER, une exposition numérique avec les étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts d'Angers



KERARVRAN
Poète, rêveur, bohème autant de qualificatifs qui semblent être attachés à KERARVRAN traduisant sa profonde indépendance et son originalité tant au niveau de sa personnalité que de son art.

L’univers brestois dans lequel est né Philippe KERARVRAN le 28 juin 1955 reste une emprunte ineffaçable : La mer – la terre ! Là où s’arrête un monde, commence un autre monde. Cette dualité se retrouve dans sa peinture. Il semble que la lumière, si présente, qui émerge de ses œuvres permet de découvrir tant un monde provenant de l’astrophysique que celui de l’archéologie, les deux mondes où aime se réfugier le peintre. Il va chercher extrêmement profondément, au centre de la terre ou dans l’univers l’émotion qu’il transmet dans ses œuvres.
Le support de ses peintures est un carton industriel sophistiqué, les couleurs sont des pigments naturels, des oxydes, des terres mélangés à de la graisse et un verni. Il ne réalise jamais d’esquisse, il prépare ses poudres et comme au théâtre, il peint le décor qui doit être suffisamment éloquent pour pouvoir intervenir ensuite à l’intérieur. Décor qui peut disparaître partiellement ou même totalement et laisser la place au « beau », à l’image.

« Figuratif de l’émotion », Ce qui intéresse KERARVRAN ce n’est pas de reproduire la nature telle qu’elle est visible à l’œil nu mais de créer l’effet de zoom sur le centre de la terre en fusion, sur les traces laissées par les civilisations qui ont fait l’histoire, sur l’emprunte laissée par les pattes d’un goéland à la surface de la terre, sur la pierre levée porteuse de messages, sur l’homme, l’ange et le démon, le destructeur et le bâtisseur.

JULIEN PERRIER invite Jean-Louis COGNÉE
Il y a donc du modelage, du façonnage, de la création tout en sensualité. Ils sont tous les deux amoureux de la cire et de ses odeurs d’encaustique monastique. Ils y trouvent de la nostalgie créatrice. Un voyage simple dans des paradis perdus où le sourire devient parfois le seul recours contre toute explication savante.
La voiture de sport s’en va raconter les voyages où le graissage était le passage obligé.
Eve cueille la pomme avec un naturel historique.
L’armada s’en va en guerre à la rame.
Des cyclistes s’échappent sur une lame de bronze, la descente approche…
Quelques centimètres carrés racontent des paysages de légendes quotidiennes.
Cependant deux faits séparent ces deux créateurs de neuf, l’un cherche la simplification de la construction et le minimum de travail après l’acte de démoulage. Une simplification comme de la dentelle d’Alençon, juste du fil de bronze. Une concentration lisible, une plénitude dans l’accumulation de peu, un contraire du monument. La figuration, l’œuvre, naît, complexe et vivante, soucieuse de liberté. L’autre est un malaxeur, les matières ne sont rien, ses mains sont une machine à laver les formes et c’est tout. Le bronze, malgré sa dureté, se perce, se monte, s’additionne aux autres matériaux de façon déconcertante. Puis sort du tambour, comme du chapeau de l’acteur qui joue le magicien, l’association d’idées matérialisées : l’œuvre qui fait sens, qui raconte et se raconte, vivante, libre et sans complexe.

Sandrine JOUSSEAUME et Jean-François PASQUIER
« FRAGMENT » et « TON EMPREINTE (ME PRECEDE) »
Pour la première fois la Galerie de l’Aubance, depuis sa création, s’ouvre à la photographie en présentant un double travail de dialogue entre la photographe Sandrine JOUSSEAUME et Jean-François PASQUIER auteur de textes créés pour l’occasion. Parce que leurs univers intérieurs se ressemblent étrangement, Sandrine JOUSSEAUME et Jean-François PASQUIER ont décidé d’entamer un travail de correspondances, chacun intervenant avec son médium, l’écriture ou la photographie.

« Ton empreinte (me précède )» a commencé par des photographies de Sandrine JOUSSEAUME prises il y a 5 ans dans les jardins d’Ile-de-France, et plus récemment dans la région des Pays de la Loire, sorte de promenade solitaire au sein de sites romantiques, où la réalité visuelle se superpose à des images mentales infantiles. Certaines photos ont ainsi été prises dans le parc du Château de Brissac et au Plessis Blutière à Charcé.
Jean-François PASQUIER, à partir de ces images faites à une époque où ils ne se connaissaient pas, l’a alors suivie pas à pas pour exprimer sa vision des lieux.
Pour l’exposition « Ton empreinte (me précède) », Sandrine JOUSSEAUME a eu recours à l’utilisation d’appareils photos jetables panoramiques dont elle remplace la pellicule couleur par une pellicule noir et blanc, jouant des perspectives entre pierre et végétal .
Avec « Fragments (hiver 2004) », la correspondance s’est inversée. Jean-François PASQUIER a proposé une suite de textes traitant d’un parcours à travers un lieu brouillant les pistes entre rêve et réalité. Il découpe, assemble les textes à la manière d’un peintre qui jouerait de sa palette de couleur. Chez lui chaque mot évoque une sensation, une émotion qui à chaque fois dialogue avec la photo.
En réponse au travail fragmenté de Jean François PASQUIER, Sandrine JOUSSEAUME entame un travail réflexif sur la photographie de cimetière, réutilisant chaque portrait comme autant de personnages présents dans l’histoire.
Reprenant tantôt un élément du texte, tantôt laissant libre cours à son imagination, Sandrine JOUSSEAUME travaille en symbiose avec Jean François PASQUIER sur le thème du temps qui passe.
Peut-être s’agit-il d’un jardin-frontière entre la vie et la mort ? Viennent s’y ajouter d’autres paysages, obtenus à partir de « fragments » de portraits de chacun d’eux. Sandrine JOUSSEAUME fixe avec son objectif les photos émaillées des défunts et les tombes qui avec le temps finissent également par se ternir.